Surprise !

Déballer un cadeau : l’observer quelques instants, ce présent plein de promesses. Son papier coloré dont le seul but est d’être beau, tout en dissimulant le précieux paquet afin de faire durer le plaisir et le suspens. Faire glisser doucement, du bout des doigts, délicatement, patiemment, la ficelle colorée qui l’enserre. Puis trouver les ouvertures, les commissures où est fixé le papier. Le déchirer petit à petit afin d’exposer à sa vue impatiente et avide un peu de son contenu … puis l’avoir devant soi, nu, rester pantois, déçu.

Cher lecteur, tu l’auras compris, il est question ici des mauvaises surprises, celles dont on se serait bien passé.

Toi et ta conquête rentrez satisfait de ce magnifique concert de chants grégorien de mouches en Ut majeur ou autre cérémonie divers –sacrifice animal sataniste du jeudi, comme tout le monde par exemple- et voila que la question d’un dernier verre chez l’un ou chez l’autre s’impose. Adjugé vendu, te voila en tête à tête, dans un cadre privé hautement propice à une exploration mutuelle en règle du corps de l’autre. Intrusions buccales mutuelles de la langue et autres pelotages standards sont de mise. Effeuillage plus ou moins précipité … Et là c’est le drame.

Les mauvaises surprises pour lui

Raté d’un poil

On sait déjà à quel point les poils sont à proscrire dans l’intimité, en particulier sur le corps frêle d’une demoiselle. Et si tu as eu la  chance de ne croiser que des personnes qui respectaient les codes et règles sociales de l’hégémonie des corps glabres, tu n’es pas à l’abri de rencontrer une rebelle, feminista de la pilosité, qui donnera à une simple partie de jambes en l’air, un petit je-ne-sais-quoi d’exploration en forêt amazonienne dans les méandres d’une jungle tropicale dense grâce à la rencontre d’une guenon peu farouche. C’est en prenant la pose, bras levés, qu’elle te laissera tout loisir d’imaginer quels animaux peuvent encore sortir de ses toisons d’aisselles. Ou quand, impatient, tu glisses une main baladeuse dans ses sous-vêtements et en ressors plus de poils qu’un mammouth en pleine mue peut en perdre …

Dégonflée

C’est en lui arrachant passionnément son soutien-gorge que tu réalises que ce magnifique bonnet D est un pitoyable A. Que les seins de ton amie tiennent plus de la grosses piqure de moustique que de la paire de melons. Ultime preuve du meilleur et du pire de ce qu’est capable de concevoir l’être humain réunis en un seul objet. Les ampliformes sont décidément traitres.

Parfum d’échec

C’est, aussitôt rentrés, qu’elle choisit de se mettre à l’aise et ôte ses escarpins qui la font tant souffrir. Elle s’apprêtait à se déshabiller sensuellement quand une odeur semblable à celle d’une carcasse de putois en décomposition parvient à tes narines fragiles. Malgré la meilleure volonté du monde (celle de voir ta conquête nue), pris de vertiges et de nausées, tu ne parviens plus à garder les yeux ouverts, et perds rapidement conscience en t’effondrant lamentablement sur la table basse.

Genre …

C’est dans le cadre le plus romantique, qui soit que tu commences quelques approches intimes. Lumières chaudes tamisées,  baisers, caresses, et voila qu’elle commence à se dévêtir. Curieux et impatient, tu es hypnotisé par ses formes sculpturales, ses courbes parfaites, son regard félin et empli de promesses de divines perversions et de tendres péchés. Mais soudain, en clair obscure, voila qu’apparait, subrepticement, un objet dont le détail, bien qu’insaisissables à ton regard, compte tenu de sa forme globale et de sa position sur le corps de ta conquête, ne manque pas de susciter en toi l’effroi.

Note pour l’avenir : s’assurer que la suscitée conquête soit bien une femme avant de l’emmener chez soi …

Mauvaises surprises pour elle

Couvre chef

Tu as cédé à l’artifice du chapeau cubain, cet accessoire bon marché du lover bon marché, et te voila en tête à tête avec l’homme et son couvre chef. Mais c’est lorsque très rapidement il est amené à l’enlever que tu te trouves face à face avec ton propre reflet, grâce à un effet d’optique des plus commun, le miroir convexe, sur une calvitie digne des moines les plus sexy des cloitres les plus classes.

Dans la peau

C’est lorsque tu lui arraches passionnément sa chemise que tu constates avec terreur, sur son torse parfait, son épaule musclée ou son dos puissant, un horrible tatouage. Qu’il s’agisse du nom d’une ex (ou de sa maman) entouré, pourquoi pas, d’un cœur, du visage de Johnny, d’un papillon dans le creux de ses reins, d’un résidu de passage par la case prison, d’une forme indescriptible, résultat d’une cuite sévère ou l’œuvre d’un tatoueur atteint de parkinson, qu’importe. L’effet est immédiat et toujours le même, te voila prise de convulsions à la vue de cette horreur. Tâche de te mettre sur le côté en tombant afin d’éviter de t’étouffer avec ta propre langue.

Parfum d’échec 2

Après de longs sourires gênés, de timides caresses sur ta joue, d’effleurages de mains, des regards langoureux qui appellent au viol, tu ne tiens plus et te jette sur lui. Fatale erreur que d’enfourner ta langue dans sa bouche, voila que tu soupçonnes finalement une anomalie dans cet homme trop parfait. Tes doutes te quitteront quelques instants plus tard lorsque tout près de toi, il te susurrera des mots doux. Essaie donc d’être attentive malgré les nausées qui t’assaillent, rarement déclaration d’amour se fait avec ail.

Minimoi

Ce bel éphèbe puissant est tout à toi, beau, fort, l’étalon se retrouve bien vite quasi-nu entre tes mains. Tu arraches finalement le dernier rempart à sa pudeur. Et voila que … voila queee … ah ? ah non, rien … ou alors va falloir bien chercher entre les poils …

Que de grands classiques, n’est-ce pas ? Quelle chance, ces mauvaises surprises n’arrivent pas tous les jours … et par chance, en réalité, assez rarement … voire que dans les bandes dessinées et autre blagues liées à un comique de situation … mais peu importe, il n’est pas temps de débattre du réel intérêt de mes propos ici.

Pour l’heure, je vous prépare un petit article (à paraitre sous peu) un poil plus réaliste, sur ce qui pourrait s’apparenter à une mauvaise surprise pour lui comme pour elle : l’Arrêt Sur Image.

Donc, à suivre …

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