Plan cul et autres régularités

pqr plan cul régulierLa solitude te pèse ? Ton célibat devient lourd à porter … Tes séances de perversions ordinaires en compagnie aléatoire sont trop irrégulières pour t’assurer une sérénité permanente, tu n’as jamais l’esprit tranquille car sitôt le plaisir consommé, tu sais que la disette poindra son nez, que les temps seront peut-être durs. Au final, tu feras probablement l’amour aussi souvent que si tu étais en couple depuis trop longtemps, c’est-à-dire bien trop peu au regard de ta soif de dépravation. Vaste échec.

Ami lecteur, tu traînes donc tes couilles comme une paire de poids morts lassés de se vider sur des pornos allemands. Elles ont cependant pris une charmante teinte violacée qui n’est pas sans te rappeler la période festive de pâques qui te met tant en joie. Amie lectrice, tes rêves érotiques mettant en scène n’importe quel bellâtre qui aura peuplé ta journée de fantasmes inavouables ne trompent personne. Tu vires doucement mais sûrement à la nymphomanie hystérique et le manque sexuel est si caractéristique que tu deviendrais presque un homme. Les amis, vous tournez en rond comme des acteurs de téléréalité en loft prêt à baiser tout ce qui sera consentant. Vous devez vous prendre en main … et non, je ne parle pas de se tripoter !

Il est des moments dans la vie, où l’on n’envisage le sexe que comme un point d’ancrage à notre équilibre physique et notre hygiène mentale. Il n’est alors pas question de « chercher l’Amour », mais juste de « faire l’amour », de sexer quoi.

Ami lecteur, tu devras chercher ardemment le graal, ta seule chance de survie en milieu hostile, un(e) partenaire compatible sexuellement et, idéalement, ayant les mêmes besoins et raisonnant donc dans la même logique que toi : un plan cul régulier (PQR).

Où trouver une personne si géniale ? Facile ! Le Plan cul !

Solution 1 : Taper dans le vivier de tes innombrables conquêtes d’un soir.

Rencontrée lors de la cérémonie sataniste de jeudi dernier, en boite de nuit, ou ailleurs, tu te souviens du talent avec lequel elle a su anticiper beaucoup de tes désirs. Face à cette compatibilité évidente, lors de vos échanges intérimaires plus ou moins horizontaux, tu peux tenter un second essai et envisager de l’embaucher en CDD pour assouvir vos pulsions mutuelles si toutefois ta conquête était partante dans cette logique.

Solution 2 : Pêcher dans ta marmite sociale

Qui dit sexfriend dit friend ! Tu te souviens de l’article Préalable 0 : L’amitié homme-femme ? Il suffira de trouver un(e) bon(ne) ami(e) avec qui assumer pleinement une attirance physique mutuelle évidente ! La vie est d’une facilité simplement hallucinante quelques fois n’est-ce pas ?

Avoir un bon copain …

Ce qu’il y a de superbe, c’est que c’est un service mutuellement rendu. Ami lecteur, ça fait un peu trop longtemps que la Bête est là et qu’elle te ronge ? Il est alors bien probable que cette dernière hante également ton/ta sexfriend. Sans autre forme de procès, tu n’auras qu’à lui poser amicalement la question et lui proposer un instant (ou une nuit, comme vous voulez) de divines perversions. Ici, point de paradoxe du tabou sexuel (cf Comment l’amener chez moi ? ), tu peux être naturel et direct. Après tout, s’aider entre amis ça se fait n’est-il pas ? C’est vaguement comme lui demander un service que tu lui rendrais immédiatement, ou faire un cadeau et en recevoir un, en toute amitié bien sûr !

Vous ferez votre petite affaire pour prendre du plaisir comme il se doit, avant de reprendre une activité normale et strictement amicale. Comme, par exemple, se ressourcer avec une bonne assiette de nouilles au viandox, faire une bataille de pouces ou, comme tout un chacun, débattre des raisons pour lesquelles les masses des quarks sont si différentes les unes des autres. Vous pourrez même parler en toute amitié de vos frustrations, vos petites histoires personnelles sur les cibles que vous désirez au plus profond de vous et que vous n’atteindrez jamais … en d’autres termes sur les raisons qui font que vous êtes dans les bras de votre plan cul ou PQR à défaut de ceux de l’homme ou la femme de vos rêves et qui pourrait faire battre votre cœur. Balancez donc tout sans retenue : votre plan cul sait faire la part des choses et ne se formalisera pas, bien évidemment !

PQR

 

Les bonnes choses ont une fin

En principe, chez les puristes, après avoir été plan cul régulier amical ou sexfriend,  on doit pouvoir redevenir « friend ». C’est une bonne nouvelle ! Pour une fois que dans une relation on peut revenir à l’état initial, mieux vaut le faire remarquer !

Plusieurs choses peuvent sonner le glas de votre copinage amélioré :

-La lassitude. Comme dans un couple qui a duré trop longtemps, le sexe peut devenir automatique, et bien moins satisfaisant. Dans un couple, on compense généralement ça par l’amour et des projets de vie communs radieux avec le pavillon, les gosses et le chien (aussi pathétique que cela puisse paraître) … dans notre cas, il est simplement temps d’arrêter et redevenir simples amis (c’est relativement pathétique aussi).

-La nouvelle rencontre. Il suffit qu’une des deux parties tombe sous le charme d’une tierce personne et ait envie de tenter le coup avec, pour que le copinage amélioré se termine simplement, proprement et sainement.

Si vous vous éprenez de la tierce personne vous abandonnerez votre ami le gode humain/vagin automatique en le remerciant chaleureusement d’avoir pallié à vos mois de disette sexuelle, avant de vivre l’idylle de vos vœux.

Si c’est votre plan cul régulier (PQR) qui s’éprend de la tierce personne, vous vous ravirez pour votre ami et pesterez en silence sur votre retour à l’abstinence forcée. Il ne restera plus qu’à vous trouver une nouvelle âme charitable pour soulager vos crampes libidineuses.

Question d’équilibre

Avoir un(e) sexfriend ou autre plan cul amical semble bien facile, pratique et presque idéal. Il y a évidemment un « mais » car dans cette vie, rien n’est aussi parfait.

Le « mais » est inhérent aux pièges de l’amitié homme-femme. Dans le cas d’une attirance assumée (et ici, consommée) dans un équilibre sans sentiments ni ambiguïtés, il n’y a pas de soucis, continuez autant qu’il vous plaira, utilisez-vous l’un l’autre comme bon vous semble sans trop vous poser de question.

Mais ami lecteur expérimenté et aguerri, tu sais que, parfois, d’une communion physique remarquable peut facilement naître un attachement sentimental incontrôlable. Et là, c’est le drame.

Du moins, s’il n’est pas mutuel. S’il est mutuel, c’est merveilleux, les oiseaux chantent, vous courrez dans les champs avant de vous rouler dans les pâquerettes et de faire l’amour au pied d’un hêtre puissant, sous les regards pervers des lapins voyeurs, bref vous vous marierez et aurez pleins de kevins. S’il n’est pas mutuel, si l’un de vous commence à avoir des sentiments pour l’autre et que ça n’est pas réciproque, le bon sens voudra que vous coupiez court à toute interaction de quelque nature qu’elle soit.

Vous sentez poindre la dépendance envers votre ami si bienveillant et généreux ? Pressez violemment le bouton d’arrêt d’urgence de votre cœur mou de niaiserie. Rebootez en mode réaliste et détaché, il se peut que cela suffise et que vous puissiez reprendre vos activités avec lui/elle comme si de rien n’était. Si cela ne suffit pas, je vous suggère de mettre un terme à votre fausse amitié en plastique. Souvenez-vous de l’article Oublier l’Autre, ou comment se le sortir de la tête. Pour votre survie mentale vous n’aurez d’ailleurs probablement pas le choix (en dehors d’une franche lobotomie frontale) et devrez, à terme, vous expatrier dans une contrée lointaine et hostile.

Si votre ami n’a pas pu résister à votre charisme (plus ou moins) horizontal, et puisque c’est votre ami, vous saurez le préserver de toute souffrance inutile, mettre un terme à tout ça avant qu’il ne soit trop tard, en restant bon, compatissant et compréhensif … ou alors vous pouvez vous souvenir de l’article Eh merde … je crois que je lui plais … pour savoir comment faire bon usage de son esclave.

En définitive, pour qu’un plan cul régulier et amical fonctionne tout en restant une relation saine et viable, il faut qu’il y ait entre vous une attirance sexuelle mutuelle mais que vous ne vous plaisiez surtout pas !

Encore une vaste question sur laquelle je tisse ma toile grasse et imparfaite. Ami lecteur, si les œufs que j’ai pondus dans ton cerveau venaient à éclore, j’attendrai avec joie de voir le fruit de ta réflexion, de ton expérience, ou même leurs déjections, dans les commentaires ou sur la fan page facebook du blog. Et les suggestions d’articles sont toujours bienvenues !

4 commentaires pour “Plan cul et autres régularités

  1. Charlène

    Il n’y a rien d’ihnumain, juste une profonde réalité de la vie, vivre ou exister c’est le problème, être heureux, construire mais aussi profiter c’est le délicat équilibre à atteindre et conserver, et les plans cul, rien que du sexe et du bon sexe c’est essentiel pour l’équilibre:-))
    L’amour avec un grand A, existe il peut être foudroyant, passionnant mais ad vitam eternam? Je n’y crois pas et avec toujours rien que des bon plans cul, j’en suis très heureuse pour ceux qui y arrivent….mais est-ce vraiment réel?

    22 avril 2016
  2. the scientist

    Merci pour ton commentaire plus que pertinent Charlène.
    Je ne suis pas nécessairement totalement d’accord avec toi (à mon humble avis, l’amour durer sous des formes aussi diverses que variées -la passion peut, par exemple, se transformer en autre chose de tout aussi intéressant-, et l’on peut, selon moi profiter tout en construisant, que l’on soit dans une relation ou non -se construire soi entre autres dans tous les cas-), mais il est réellement parlant. Tu soulèves plusieurs questions de fonds extrêmement riches qui mériteraient des articles à elles seules … Est-ce vraiment réel ? Vraie question à laquelle je répondrais « Oui » si tu prends les choses pour ce qu’elles sont. Le plaisir est réel (sauf si l’un de vous simule ;)), l’échange intime, la connexion, (aussi courts soient-ils) sont réels … Etc Quand on suit un mode de vie ponctué de plans cul, il faut surtout se demander « est-ce que je suis heureux(/se) ? Est-ce que c’est pour moi ? » Car nous ne sommes, de toutes évidences, pas tous faits pour vivre ça, particulièrement sur le long cours. Mais ça n’est là que mon avis qui vaut ce qu’il vaut. Le tien n’est pas moins pertinent, bien au contraire ! Merci encore de l’avoir partagé.

    23 avril 2016
  3. Comment pouvez vous être autant inhumain!!!!!

    22 décembre 2015
  4. the scientist

    Sans vouloir trop me la raconter, ni rien, je pense que c’est un don. Certains s’entraînent des années … Moi, c’est naturel !

    Je peux te donner des cours, ami lecteur anonyme outré, la première étape consiste à retirer délicatement l’outil de ménage que tu as dans le fondement. Puis, dans un second temps, il faut que tu cultives une tournure d’esprit qui te permet d’activer tes zygomatiques sur des choses toujours plus subtiles et décalées jusqu’à atteindre « l’inhumanité » dont il est question ici … c’est assez complexe mais avec de l’entraînement, tu y arriveras à n’en point douter ! C’est à la portée de tous ! Bon courage et tiens-nous informés de ta progression ! Tu peux le faire, je crois en toi ! Bisous !

    9 janvier 2016

Laisser un commentaire