Les fantasmes

fantasmesAmi lecteur à la vie lisse, propre et rangée, laisse-moi mettre le doigt sur ta douce folie. Tu es une machine perverse, un cogitus sexum (toute ressemblance avec des mots latins existants n’est que pur hasard), ton cerveau de détraqué t’assaille en permanence d’idées salasses dont tu ne laisses généralement rien paraître en extérieur à part un sourire en coin ou une main dans ta poche. Ces crises épisodiques qui font de ton monde un vaste film porno sont assimilables à des fantasmes.

Qu’est-ce donc ?

Le fantasme sexuel est une chose bien intéressante. Nous appelons fantasme une idée pour laquelle on ressent un désir violent, qui joue le rôle de déclencheur d’orgasme.

Il y a toutes ces choses que nous pouvons désirer dans une vie, des choses à posséder, des ambitions à combler, des êtres à séduire, des buts à atteindre, etc, bref, tous ces moteurs puissants qui nous font avancer pas à pas. Et puis il y a le fantasme sexuel, chose bien fascinante, qui nous fait avancer à l’horizontal (c’est une image, tu sais cher lecteur que l’horizontal n’est pas forcément le plus intéressant au lit, et que le lit n’est pas forcément le lieu le plus intéressant dans le sexe, mais ce sont des abus de langage que tu me pardonneras bien volontiers).

Le fantasme c’est cette chose qu’on désire faire, se faire faire, ou qu’on désire tout court, qui nous excite vraiment qu’avant de l’avoir réalisé, c’est en quelque sort le moteur de notre expérience sexuelle.

Qu’il s’agisse d’un scenario millimétré, limpide dans les moindres détails, ou d’une vague idée qui fait naitre en nous l’émoi ; qu’il fasse intervenir des personnes, connues ou inconnues, ou qu’il ne soit question de personne, le fantasme nous emporte dans quelques plaisirs jouissifs, plus ou moins avouables, toujours personnels, égoïstes et intimes, il n’appartient qu’à nous.

Tableaux, diagrammes, et courbes de tendances

(Bon, j’exagère, il n’y a qu’un modeste tableau)

Parmi toutes les perversions dans lesquelles l’humain se complait :

-il en est qu’il peut commettre régulièrement ;

-d’autres qu’il peut commettre facilement s’il trouve le/la bon(ne) partenaire de jeux ;

-d’autre qui sont potentiellement réalisables en des circonstances peu communes ;

-et d’autres qui relèvent du très personnel et intime et qui ne servent qu’à agrémenter quelques plaisirs (solitaires ou non) de pensées inavouables. Les fantasmes se trouvent ici.

Voilà grossièrement le tableau type en quatre colonnes dans lequel tu peux, cher lecteur prude et chaste, répartir les actes sexuels les plus pervers de ton choix, selon tes critères.

Ce qu’il y a de très intéressant c’est que chacun ne placera évidemment pas les mêmes choses dans les mêmes colonnes. La pire perversion inavouable des uns est le quotidien sexuel des autres, bande de petits veinards. Un autre point remarquable est qu’au fil des expériences les éléments de chaque colonne glisseront de l’une à l’autre, du moins commun au plus banal, car oui, avec l’âge et l’expérience on se pervertit à une vitesse à peine croyable, c’en est presque beau. Et avec le temps et le/la/les bon(ne)(s) partenaire(s) on peut réaliser ce qui fût, à une époque, un fantasme.

Sainte Morale

Ces histoires de morale issue d’une culture judéo-chrétienne, bien plus ancrée que nos mœurs déplacées ne laissent paraitre, viennent secouer leur indexe osseux sous notre nez ? Qu’à cela ne tienne, quelques vastes jouissances (ou leur simple perspective) peuvent suffire à nous faire déculpabiliser d’un plaisir interdit quelques instants. Dans cette logique, rien ne doit être « interdit » entant que tel, rien ne peux être condamnable pour la quête du plaisir. Pour autant, il n’est pas aisé d’assumer tous ses fantasmes et la plupart resteront certainement dans un coin de notre tête de pervers toute notre vie.

Doit-on réaliser ses fantasmes ?

Stricto-sensu, le fantasme, par définition, n’est simplement pas réalisable, car dès que l’acte se pose, on ne parle plus de fantasme. Question de rhétorique, certes, mais la langue française est assez claire sur la question. Après, bon, on ne va pas jouer les académiciens. Doit-on donc franchir le pas ? Tout dépend du fantasme.

Si l’on prend strictement les idées dont les protagonistes sont uniquement des adultes conscients de ce qu’ils font, non-consanguins et consentants, j’ai du mal à imaginer, quel que soit le fantasme, qu’il puisse être condamnable par un tiers. Je fais partie de ceux qui pensent qu’on est principalement vivants pour ces raisons : être heureux, prendre du plaisir et se sentir vivant et d’autres banalités-bisounouro-hédonistes du genre. Ami lecteur, je ne te dirai donc qu’une seule chose : Fonce !

A partir du moment où l’on s’affranchit de la Sainte Morale et que l’on est capable d’assumer nos désirs, pourquoi ne pas franchir le pas ? Certes, il faut déjà que l’occasion se présente, en particulier si elle concerne une ou des autre(s) personne(s), soit.

Mais il y a un risque majeur inhérent au fait de réaliser un fantasme, le risque d’être déçu par sa réalisation dans la vraie vie. Ami lecteur, si tu as calibré trop précisément ton fantasme, prépare-toi à une éventuelle déception. Des mois, des années de réflexions hautement jouissives sur la façon dont la chose doit se dérouler précisément dosée millimétrée, mises en scène dans ses moindres détails, parfaitement taillées pour ton plaisir égoïste et secret … comment l’acte pourrait-il être aussi parfait dans la réalité ?

Finalement, la seule solution pour parer à cela est de ne mettre en scène que des fantasmes vagues et dont seules les grandes lignes procurent déjà du plaisir …

Quelques constantes

Nous sommes tous différents, nous ne trouverons pas forcement notre plaisir de la même façon. Chacun trouvera le plaisir où il le souhaite. Les scenarii peuvent varier de ce que certains considéreront d’une banalité des plus navrantes à l’ébauche sadique (au sens propre du mot) la plus trash.

Cependant il y a des constantes. Pour en connaître quelques grandes lignes, il suffit de se pencher (pas trop non plus hein) sur la culture pornographique qui nous en décline tout un éventail en quelques clics. Je ne vous en décrirai pas le contenu par le menu, mais ça peut aller d’un simple schéma classique enfantin et naïf de « papa et maman » à des choses à peine imaginables avant qu’on ne les ai vues … voire des choses bizarres, glauques ou simplement dégelasses qui dérangeront plus qu’elles n’exciteront la plupart d’entre nous … mais je m’égares, restons sur le thème de ce qui est généralement excitant.

Il peut être question de personnes, dont les caractéristiques peuvent être relatives pour l’essentiel …

-au corps de métier (le/la patron(ne), le/la stagiaire, l’infirmière, une célébrité, le blogueur (bon, ok, peut-être pas celui-là), le plombier et le ramoneur (rien que pour les jeux de mots, hautement subtiles que leurs métiers impliquent) …),

-au physique (à la couleur de peau, de cheveux (de poils!), aux poils (ou à leur absence), taille des attributs sexuels, …)

-ou simplement à quelqu’un de ton entourage personnel cher lecteur cachotier (ton/ta meilleur(e) ami(e), ton facteur, ta boulangère, ton/ta collègue …) bref tous ces fantasmes vivants, mouvants, qui ont également une existence propre en dehors de ta tête.

Bien des pratiques fantasques sont réprouvées par la morale dont je parlais plus haut. Il se trouve qu’il s’agit là des fantasmes les plus classiques (hors mise en scène ou personne(s) particulière(s)).

Parmi les grands classiques, communément considérés (à tort) propres aux homosexuels, la sodomie et les échanges saphiques en sont un exemple flagrant. Les plans à n (tel que n entier positif et supérieur à 2) aussi. La domination, la soumission, les pratiques SM dont on rit souvent lorsqu’elles concernent nos patrons (il faut croire qu’à avoir trop de pouvoir et d’autorité il est important de se faire traiter de « vilain » et de « mériter sa punition maitresse » pour son équilibre mental). Les femmes fontaines, les shemales, ces êtres étranges, fascinants et excitants pour certains comme le furent en leur temps les sirènes. Les accessoires, les objets, … et j’en passe, ami lecteur pornophile, tu en connais certainement bien plus que moi …

Avouer à d’autres de connaitre et d’apprécier une ou plusieurs de ces pratiques peut faire rougir, voire rendre honteux, mieux vaut se taire.

Les condamner ? On baigne en plein puritanisme aveugle et liberticide. Ces pratiques sont tellement réprimées, rabrouées, niées, que les réaliser revient à braver un interdit ! Mais c’est peut être en partie de là que née l’excitation.

Alors bon, que la sacro-sainte Morale poursuive son œuvre et agite son indexe sous ton nez, ami lecteur. Elle joue probablement un rôle non-négligeable dans le plaisir que tu peux tirer de tes fantasmes les plus inavouables.

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