Le garde-manger

garde-mangerC’est au cours d’une soirée à taux d’alcoolémie non-nul (oui, beaucoup de mes articles commencent de la sorte, je sais) qu’entre deux pintes, un de mes bons amis évoqua la notion de « garde-manger », m’invitant à aborder ce sujet fantastique dans mon blog. Ce qu’il désignait par ce nom qui sonne comme le parfum d’une cagette de pommes dormant à la pénombre d’une cave ou comme le goût des biscuits à la cuillère de chez Mamie, est en fait encore bien plus poétique que tu ne peux l’imaginer, ami lecteur.

Il nommait de la sorte les individus qui macèrent sagement dans les bocaux de notre saumure sociale et que nous pouvons potentiellement recontacter en période de disette sexuelle.

Avoir un garde-manger c’est avoir une sauvegarde à charger au besoin pour retrouver ses points de vie, c’est être encordé à ceux et celles qui nous sauveront de la chute de nos opportunités, c’est s’assurer une caution afin d’éviter de payer le prix du manque cruel. En définitive, c’est grignoter un encas salvateur avant le repas qui tarde trop à venir.

Que trouve-t-on dans son garde-manger ?

Tu pourras éventuellement y ranger tes PQR et sexfriends déjà consommés et pas encore périmés. Mais pas seulement ! Dans ton garde-manger, il y a aussi plein de tes connaissances qui ont cuit, un temps, dans ta marmite sociale, qui en sont sorti, et qui ne demandent qu’à y replonger !

A quoi reconnait-on un élément du garde-manger ?

En général, tu connais cette personne depuis quelques temps. Parfois même pas mal de temps. En principe tu n’auras pas encore eu l’occasion de l’essayer dans l’intimité, c’est justement ce qui distingue ton ami(e) de garde-manger du plan cul basique. Il s’agit souvent :

– d’un(e) vieil(le) ami(e) de jeunesse ou d’enfance (vous aurez pu vous rencontrer bien avant que vos hormones ne vous taquinent),

– d’une connaissance rencontrée alors que rien n’était envisageable (vous étiez loin, ou l’un ou l’autre des 3C, qu’importe…),

– d’une personne que tu n’avais jamais envisagée comme baisable (ou ni même fréquentable) avant un événement (sa crise d’anorexie de 2010, vos retrouvailles, sa transplantation cérébrale …).

Ce qui distinguera un élément de ton garde-manger d’un élément standard de ta marmite sociale sera tout simplement l’assurance de sa disponibilité vis-à-vis de toi. Autrement dit, sa propension à répondre favorablement à une sollicitation de ta part. Tu lui plais un minimum, c’est évident. Voilà donc une magnifique illustration du « si tu veux, tu peux » en chair et en os. Ou à défaut, pour les cas les plus complexes, une opportunité de coïte assurée, ne nécessitant, pour toi, qu’un investissement personnel initial minimal.

Tu reconnaîtras un élément de ton garde-manger à l’intérêt qu’il te porte. Cet intérêt, souvent subtil et discret, peut prendre diverses formes.

Il pourrait s’agir de cette béquille peu discrète qui te guette depuis des années. De ce bon ami que tu as salement « friendzoné » (tiens, faudra que je fasse un article là-dessus) sans trop te poser de question. De cette fille timide qui prends le bus aux mêmes heures que toi et qui vient de rougir en croisant ton regard. De ce client qui préfère avoir à faire à toi. De cette collègue si amicale et qui te fait tant rire. Les exemples sont infinis !

Pour cet article, je tiens à mettre l’accent sur l’utilité de Facebook. Une personne qui « like » de jolies photos de toi, te fait des gentils compliments, et qui prend régulièrement de tes nouvelles avec un gentil message est :

-soit ta maman (ou autre membre de ta famille proche),

-soit un(e) bon(ne) ami(e) (pas un(e) ami(e) trop proche non plus, on sait tous qu’un(e) ami(e) proche t’insulte, se moque de toi car tu te la pète sur ta photo et relèvera LE détail qui te décrédibilise totalement),

-soit une connaissance aimable et bienveillante ayant de la sympathie pour ta personne merveilleuse (oui, oui, il y en a !),

-soit, enfin, un élément de ton garde-manger.

Recontacter un élément du garde-manger

Quand ?

Ami lecteur, lorsque tu sens que la pression est trop forte, que tes rêves érotiques sont trop intenses, que les doubles-lectures de mauvais goûts te semblent trop évidentes (y compris là où elles n’ont pas de raison d’être) et que les opportunités fraîches manquent, tu devras te résoudre à piocher dans ton garde-manger.

Comment ?

Il est très important de ne pas forcer la manœuvre et d’y aller en douceur en n’oubliant pas d’observer le terrain avant d’aller y jouer.

Afin d’éviter de te faire salement rembarrer en cas d’erreur, une prise de contact amicale et simple dans un contexte social standard est fortement recommandée. A moins que tu ne sois sûr de ton coup, et/ou tu n’aies quelques projets de couple à long terme pour ta cible, et/ou que tu souhaites lui en mettre plein la vue avec un vrai rendez-vous qui dépote, là c’est toi qui vois !

Je te rappelle simplement que, si ça n’est pas dans tes projets, le fait de piocher dans ton garde-manger ne garantit en rien que l’autre n’ait pas pour ambition secrète de t’épouser, de te faire des petits kevins, un pavillon dans la banlieue de Tourcoing et un chien nommé Firmin. Méfiance !

Il y a un outil de base qu’il te faudra impérativement savoir gérer et utiliser à tes fins : Facebook, encore ! C’est une mine d’or, que dis-je, il s’agit-là de ton outil d’analyse de garde-manger virtuel (ou au moins d’une grande partie de celui-ci).

C’est moins intrusif qu’un e-mail ou qu’un coup de fil, plus efficace qu’une filature dans la rue, mais ça reste cependant moins passionnant qu’une fouille de ses poubelles. Ne t’en fais pas, Facebook ne te coûtera que très peu d’effort. Une observation d’activité, de statut marital, une intrusion dans ses photos, une analyse de ses habitudes, une rapide recherche de vos centres d’intérêts communs (pour les plus zélés d’entre vous les amis) et, bien sûr, quelques « likes » réguliers, ou même sporadiques ; un message pour prendre la température régulièrement ou simplement avant l’attaque ; C’est presque trop facile !

Mais quel que soit la façon dont tu prendras contact avec l’autre, il faudra que tu passes par une étape incroyablement pénible et rébarbative : faire semblant de t’intéresser à sa vie. C’est comme ça que fonctionnent les rapports sociaux humains pour l’heure. Il faut faire avec. Courage.

Pour résumer

Le plus compliqué dans l’histoire ne sera pas tant d’amener ta cible de garde-manger dans ton antre pour une nuit de folies perverses merveilleuses, mais bien de détecter la susnommée cible.

Enfin, garde à l’esprit que nous avons tous un garde-manger. Même toi. Alors, bien sûr, celui de certains sera plein à craquer de produits aussi variés qu’alléchants. Tandis que d’autres n’auront pas grand choses d’appétissant à se mettre sous la dent. Dans tous les cas, ami lecteur, ouvre les yeux, et voit tes opportunités ! Il est toujours bon de savoir qu’en cas de fringale, tu trouveras quelqu’un de disponible pour encas.

Et bon appétit bien sûr !

2 commentaires pour “Le garde-manger

  1. Superbequille

    Ami du lundi bonjour ! ( sauf si mon commentaire est publié mardi..)
    Le fameux « garde-manger » me fait penser un peu à ce resto »dans le noir » à Paris. En effet , tu sais que tu vas manger quelque chose, mais tu n’as encore aucune iddée du goût de ce repas.
    Donc, allons à ce resto à la rigolade, ce n’est pas du sérieux, mais plus pour le fun de faire quelque chose de différent.
    Justement chère éditrice, je vois un homme ce soir. Je ne sais pas encore si j’y vais par pur sympathie ou par manque cruelle d’affection.. c’est terrible de se dire ça. c’est comme avoir le cul entre 2 chaises.
    Je souhiaterais du coup avoir avis sur les questions suivantes Ô Grand Maitre de L’Hamour. ( oui avec un grand H) :
    A quel moment faut-il piaucher dans un garde manger, 3 rêves érotiques ? 1 an sans baise?
    Dans l’obscurité, le physique du garde manger peut -il être un obstacle?
    Le physique du garde manger doit-il primer sur son état mentale ?
    Le garde-manger une fois mangé devient -il obligatoirement un PQR ?
    Est-il primordiale de faire un régime en été ?
    Peut-on faire l’amour avec ses chaussettes avec un garde-manger ?

    Voilà les questions qui me turlupinent.
    Je te remercie de ton aide précieuse..

    Bon baisers de France.

    12 août 2013
  2. the scientist

    Salut Super(be) Béquille ! Tes commentaires sont toujours aussi merveilleux.

    Pour savoir quand piocher dans son garde-manger, il faut évidemment avoir faim. Maintenant, inutile d’attendre d’avoir franchement la dalle. Tu te feras simplement une réflexion tu type « j’ai faim … hey … et pourquoi pas John … » (ou Cindy). Bien sûr le « pourquoi pas » implique que tu es tentée un minimum par l’idée d’essayer ta cible et cela ne dépend que de toi : si le physique n’est pas un obstacle, John, son strabisme divergent et sa calvitie naissante passent à la casserole. Idem pour le mental : si la haine viscérale de John pour les chats te pose un problème, alors tu freineras tes ardeurs, sinon, tu l’amèneras dans ton antre. Bref, c’est à ta discrétion !

    Après avoir consommé un élément de ton garde-manger, celui-ci peut tout à fait devenir un PQR si tu le souhaites et si l’autre est du même avis, mais il n’y a aucune obligation à cela. Il peut très bien rester sagement dans ton garde-manger en attendant une fringale tandis que tu te repais par ailleurs. Ou en sortir définitivement en cas de rapport avariés, périmés pour ne pas dire pourris.

    L’été n’interdit en rien le grignotage entre les repas si la faim te guette. Au contraire ! Les fruits de saison seront toujours appréciés même s’ils ne durent que le temps d’un été.

    Pour finir, je te rappelle que le port des chaussette lors d’un rapport sexuel peut être puni de 7 ans de prison ferme et d’une amende de 87969.95€ d’après l’article 597-6C du Code Civil. Après si tu aimes vivre dangereusement …

    Voila pour répondre un peu à tes questions on-ne-peut-plus pertinentes. J’espère t’avoir aidée un peu chère amie lectrice !

    12 août 2013

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