L’arrêt sur image (ASI)

arrêt sur imageOublions ces déceptions et autres horreurs peu réalistes de l’article précédent : Surprise ! . Passons du côté obscure de la force et analysons le vécu avec l’arrêt sur image. Cher lecteur, je me coupe un bras si cela ne t’est jamais arrivé … enfin, disons qu’il est, somme toute, très probable que cela t’arrive un jour.

Te voila avec une conquête dont tu n’es pas forcement extrêmement fière. Tu n’as pas pioché dans ce qu’il flotte vaillamment à la surface de ta marmite sociale … mais plutôt pêché dans ce qui nage vaguement entre deux eaux … ou disons trivialement que, d’un point de vue physique, le défit était plutôt facile à relever.

Qu’importe, la soirée se passe à merveille. Quelques paroles, quelques approches tactiles et c’est parti, l’autre te semble finalement assez séduisant et la passion prend le dessus. Tu te laisses aller à tes pulsions, porté par le courant de l’érotisme du moment et de l’excitation des corps sans trop réfléchir. Puis, après parfois de longs moments, tu rouvres les yeux, tu réalises … grave erreur.

Bruit d’un diamant qui glisse de travers sur un disque vinyle et stop brutalement la musique lounge-saxo-solo qui berçait cette scène torride.

*Arrêt sur image*

Vision d’horreur, soudainement, tu trouves ta conquête effroyablement laide. Ses yeux entre-ouverts, son regard bovin, creux, son sourire béat, mou, satisfait, un détail, qu’importe. Tu trouvais, quelques instants plus tôt, que les « points faibles » (physiquement parlant) de ta conquête n’avaient rien d’insurmontable … cet arrêt sur image te prouve le contraire.

Tu te rends compte que ton corps a habillement trompé ton esprit dans une impitoyable logique pro-coïtale. Il a su subtiliser à tes yeux l’inavouable erreur d’appréciation et t’a piégé(e) dans un processus mécanique inextricable ayant pour but l’assouvissement de quelques pulsions bestiales.

Comme toujours, cher lecteur, je te sens impatient, tu cherches une solution pour t’en sortir. Que je te comprends, mon pauvre ami. Mais n’aie crainte, je suis là pour te livrer quelques issues possibles.

Il y en a deux en fait : stopper net … ou continuer.

Un arrêt sur image ? Courage ! Fuyons !

Solution des lâches mais après tout, à quoi bon se forcer. Quand ça ne passe pas, ça ne passe pas. Et puis il faut quand même dire qu’enchainer comme si de rien n’était après un ASI relève du défit.

Mais sache qu’il y a un « mais ». Tu ne peux fuir qu’au cours des étapes suivantes :
-avant le premier baiser
-après le premier baiser
-avant « le bretzel allemand » (position très connue du Kamasoutra p35 §3)

Bon, pour simplifier, tu ne pourras plus fuir dès lors que vous aurez commencé à vous dévêtir. Autrement dit, la première chaussette que tu enlèves est déjà un point de non-retour. Impossible de fuir après ça.

Donc vous n’avez pas commencé à vous déshabiller et tu souhaites fuir. Je t’invite à te servir des classiques indémodables de la fuite des relations homme/femme :
je préfère qu’on reste amis
-nous sommes sur le point de commettre une erreur, cela va compromettre notre relation, nous ferions mieux de nous arrêter tant qu’il est encore temps …
-je sors d’une relation difficile, je ne suis pas prêt(e) à aller plus loin pour l’instant.
-j’aime pas les chats ou autres classiques indémodables de l’article Se débarrasser d’une conquête ennuyeuse
-…

C’est facile, tout le monde sort de son petit rêve et s’éveille au grand jour. De toute façon l’autre ne te trouvait pas tellement à son goût non plus, tu rends service à tout le monde. Fin de l’histoire.

Trop tard

Trop tard pour fuir ? Tu as déjà enlevé la première chaussette ? Tu es sur le point de passer la jambe droite de ton/ta partenaire derrière ton épaule gauche en vue de tenter « le nœud de pêche du scout bigleux » (célèbre positon du Kamasoutra p342 §2) ? Il te faut poursuivre jusqu’au bout. Mais comment surmonter les conséquences de l’ASI, qui est, sachez-le pour ceux qui ne l’ont pas encore vécu, un tue l’amour de catégorie apocalyptique universelle ?

Je ne connais qu’une seule solution : éteindre la lumière. Coupe toute source lumineuse à portée et qui pourrait te donner un indice sur la tête que fait ta conquête, ses formes peu gracieuses, ou que sais-je encore. Imagine donc qui tu veux dans ton lit à la place, ça n’est pas mon problème.

Il fait jour ? Pas moyen de fermer les volets ? D’après un de mes amis éclairés, ce doit être précisément pour ce genre de cas de figure que l’être humain inventa la levrette. Que c’est commode, pour un homme comme pour une femme. Use-en, abuse-en, et tel le guerrier fier qui ne connait point la peur, éclate-toi vaillamment au fond … euh, au front … Ton imagination fera le reste.

J’espère qu’à présent, l’ASI ne vous fait plus peur et que votre petite erreur de jugement saura se faire oublier rapidement. Qui sait, peut-être tirerez-vous agréablement partie de cette expérience ? Je vous le souhaite en tous les cas !

2 commentaires pour “L’arrêt sur image (ASI)

  1. une fidèle lectrice !

    Je me suis bien poilée !! A cause de l’article, mais aussi en me rappelant les « trop tards » déjà vécu … bon ben là je me marre moins finalement !!

    24 juin 2011
  2. the scientist

    aller, on peut rire de tout !

    12 juillet 2011