La béquille

béquilleParmi toutes les raisons qui font que nous irons probablement en enfer à notre mort, il y a l’utilisation d’une béquille. Laisse-moi t’expliquer …

La béquille, une victime innocente

Un peu comme un mea culpa, le mien, le votre, cet article a pour objet de rendre ici hommage à ces hommes et ces femmes qu’on oublie bien trop vite dans sa vie, qu’on use puis qu’on repousse. Qu’on prend au besoin.

Oui, la béquille, c’est cette personne du sexe opposé dont nous nous servons suite à une mauvaise passe, parfois une rupture, parfois une autre insatisfaction. Allons chercher un peu de réconfort dans les bras d’une personne qui nous fera nous sentir aimé et désiré, qui gonflera notre égo, qui nous aidera à retrouver un peu de la confiance en nous que nous avions perdu au passage et enfin, qui nous aidera à faire passer la pilule amère de nos frustrations.

Elle, toute dévouée, aimable, obéissante, est un objet d’usage, conscient ou non de sa condition. Sa vocation altruiste nous est d’un grand secours. Et aussitôt libérés, ce mauvais moment passé, nous la jetons, elle qui nous a pourtant bien rendu service.

Ah ! Bien utile et bien maltraitée cette béquille, nous oublions nos scrupules dans le réconfort que nous même lui offrons.

La béquille, un prédateur sans pitié

Tapis dans l’ombre, des mois, des années, elle guète la personne qu’elle convoite. Et attend le moment opportun pour fondre. L’instant de faiblesse de sa proie sera son instant. Elle n’hésitera pas pour le faire tourner à son avantage.

Sa cible peut être un(e) ami(e), c’est d’ailleurs souvent le cas, elle en sera éprise et elle se sera parfois même enfermée dans une relation déséquilibrée dissimulée en relation amicale (cf : Préalable 0 : L’amitié homme-femme ). Elle épanche les crises, arrondit les angles, la future béquille est avant tout une oreille attentive, elle est un secours ponctuel, un confident. Et c’est tel l’espion infiltré qu’elle a su gagner la confiance de sa cible. Elle espère, attend et c’est lorsque sa proie sera faible et vulnérable suite à une épreuve difficile qu’elle fondra et apportera son aide salvatrice avec bien plus de réconfort que ce qui est décemment admis entre deux amis.

Profitant d’un instant de faiblesse … la béquille est donc en fait une chasseresse …

Vile créature de l’ombre, ou pauvre victime. Qui donc utilise l’autre ? En définitive, les deux thèses sont probablement vraies et doivent fonctionner ensemble dans un milieu qui semble pourtant les opposer. Ah, les relations humaines … plus on s’y intéresse et plus elles nous échappent. Il y a des constantes toutefois, que l’on peut garder en tête : les actes de chacun seront motivés par un besoin réel à l’instant t. Et si une décision est adoptée c’est que l’ensemble des parties y trouve son compte. Dans cette logique, juger l’autre, se juger soi, semble bien vain n’est-ce pas ?

3 commentaires pour “La béquille

  1. Marie

    J’aime beaucoup. Tout ton blog d’ailleurs, et particulièrement cet article qui s’adresse à moi en ce moment^^ Merci de ton éclairage humouristique et léger qui apporte aussi bien réconfort que
    détente

    25 mars 2013
  2. the scientist

    « léger qui apporte aussi bien réconfort que détente » ça sonne comme une boisson chaude à base de plantes fermentées mais je prends quand même ! Merci amie lectrice !

    26 mars 2013
  3. SuperBequille

    Etant moi-même une béquille à mes heures perdues, je tiens à aporter quelques éléments supplémentaires à cette activité extraludique-lucide.
    Premièrement, afin de flatter un temps soi peu mon égo, j’aurai l’envie de dire que je suis dans la 2em catégorie: une béquille prédatrice où « tout vient à point qui sait attendre »..
    Proverbe source de frustration et de renoncement pour certains. Proverbe de la Grande Faucheuse pour d’autres.
    Or, autant mettre l’eau à bouillir des pâtes, lorsque nous coupons oignons, ail et tout autres aliments gouteux, non?!
    Tout est dans l’art de l’organisation!
    Comme cela a été très bien expliqué dans l’article, il faut savoir arrêter votre feu à temps. Ceci afin de savourer de suculentes pâtes aldentes! Car trop de frustation si toute cette énergie mise
    dans votre préparation échoue!
    Ainsi, ayez votre minuteur, ne le perdez pas de vue, mais par contre, ne restez pas fixez dessus, essayer d’anticiper ce long moment d’ébulittion pour s’assouvir à d’autre master chef.. si vous
    voyez ce que je veux dire..
    Toujours est-il que lorsque votre bel et sombre inconnu, apâter par l’odeur de vos services culinaires ( ou cuni à l’air pour les intimes), vous retrouve pour un strike! ( oui, vous êtez une béquille ne l’oubliez pas).
    Alors, une sensation de parfait achèvement vous envahit. Ca y’est , ça c’est fait!
    Puante créature de l’au delà que je suis, je ne le voulais désormais plus.. je ne le veux plus.. pourquoi je ne voudrais plus?.. et si je le voulais.. je le voudrais bien.. je le veux !
    Aussi irrestible que l’envie d’une chasse puisse l’être, vous béquille prédatrice, vous sombrez, hélas et malgrè nous, pauvres êtres fébriles, dans un nouveau Disney – un Bisounours ou même un club
    dorothée.. Où Bernard et Bianca semble voler un amour impossible devant de torrides et rapides scènes pornographiques.
    Oui , vous voulez plus, toujours plus.. Autant, vous etiez tellement bien à écouter les Doors pendant que vos pâtes cuisaient, autant quand elles sont prêtes, que tout est à point, vous mangez et
    mangez sans penser une seule seconde à votre régime alimentaire. Vous avez fini votre assiète, mais vous en voulez toujours plus.
    Et bien cet bel et sombre inconnu, vous finissez par le désirer encore plus.. Ainsi, de prédateur aux fourchettes acérrés que vous étiez, vous terminez en Béquille/Victime écervelé..
    Rien n’y peut rien, la nature de l’homme ou plutôt de la femme est ainsi. Petit conseil, essayez de manger à votre faim..

    Cordialement

    28 mars 2011

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