L’oublier, ou comment se sortir quelqu’un de la tête

l'oublierAmi lecteur, je manquais à ta vie numérique ces derniers temps tout simplement car, faute de sujets passionnants à développer et de verve créatrice, pour une fois, j’étais bien plus à la tambouille de ma propre marmite sociale, me délectant de quelques perversions ordinaires. Parmi les personnes merveilleuses que j’ai la chance de côtoyer et qui ont pu illuminer mon quotidien morne (comme le font tous mes amis et beaucoup de mes fréquentations), il y a eu une personne dont le merveilleux avait un parfum d’insouciance et d’été. M’enivrant quelques instants de passions délicieuses, la vie, dans sa tragédie méthodique avait programmé une fin claire, connue et admise. L’échéance est arrivée. J’ai encore un goût sucré sur les lèvres, et tandis que je tente de l’oublier, je le sens se changer en une saveur amère d’inachevé.

Ami lecteur, tu ne connais que trop bien ce goût. Après t’être entiché d’une personne à ton image (certainement exceptionnelle et charismatique en somme), il a fallu que tout s’arrête là où ta boulimie de passions et ta soif de jouissances en auraient voulu plus. Et comme un cadeau que l’on te fait puis que l’on reprend, le manque t’assaille rapidement. Tu t’es posé cette question maintes et maintes fois « Comme l’oublier ? Comment le/la faire sortir de ma tête ? ». Encore un article indispensable qui répond à une question épineuse.

Oublier l’Autre

C’est simple, on ne peut pas oublier l’Autre. Pas en ces termes. Quoi qu’on fasse, à moins de s’appuyer sur quelques très bons films fantastiques (qui eux m’ont laissé un souvenir intact), ou d’être atteint d’une merveilleuse et salvatrice pathologie neurologique, on ne peut pas.

Mais plutôt que de souffrir du manque cruel, le mieux qu’il puisse arriver, c’est de faire des instants où l’on se souvient de l’Autre quelque chose de plaisant et de doux. Une de ces images, dans un joli cadre que l’on accroche dans un coin de son cerveau et que l’on regarde avec un brin de nostalgie. En soupirant, les yeux dans le vague, un sourire flou aux lèvres.

Pourquoi doit-t-on l’oublier ?

Je ne connais pas ta vie, cher ami lecteur, tu te confies trop peu à moi pour que j’en sache quelque chose. Mais mon esprit d’analyse et mon talent inné en matière d’empathie et de télépathie (j’appellerai ça de la téléempathie, tiens) me donne quelques éléments de réponse :

-L’Autre t’a quitté, votre relation est terminée, tu dois l’accepter, tu dois l’oublier.

-L’Autre est l’un des 3 C, et t’a séduit, peut-être même malgré lui. Tu sais bien que rien n’est possible entre vous. L’idylle n’est pas au programme, ta vie, sa vie, le contexte, tous se sont ligués contre toi, tu n’as aucune chance. Tu dois l’oublier.

-Tu as quitté l’Autre et tu regrettes ton choix. Tu es sage et tu sais que ce serait passablement mal venu de revenir gratter à la porte de ton ex après coup. Tu dois l’oublier.

-L’Autre te plait (et même plus que ça !) mais tu es toi-même en couple, tu sais ce que tu as et donc ce que tu pourrais perdre dans un élan passionnel vers ces bras inconnus, tu ne sais pas ce que tu peux y gagner et dans le doute tu t’abstiens. L’Autre t’intrigue pourtant et tu rêverais d’aller plus loin, mais tu dois l’oublier.

-L’Autre est doté d’un grand nombre de qualités indéniables et te plait, mais un, ou plusieurs défauts divers et variables orientent ton choix, ou celui de quelques personnes autoritaires décidant pour toi de ta vie, vers le rejet pur et simple quant à le faire entrer dans ton cœur. Il n’est pas question de jouer les Roméo et Juliette, tu dois l’oublier.

-L’Autre te plait et même plus encore, mais la vie, dans son étrange cruauté vous a fait vous rencontrer alors que rien n’est techniquement possible entre vous (la distance, l’argent, le temps, que sais-je). On ne va pas te déballer ces stupidités comme quoi l’amour transcende tout, cette rengaine devient lassante et tu n’y crois pas. Ta Raison a parlé, tu dois l’oublier.

Les raisons, à la teneur plus ou moins discutable, pour tacher de ne plus penser à l’Autre sont multiples et j’en oublie sûrement (cher lecteur, n’hésite pas à commenter ici même ou sur la fan page facebook pour enrichir mon propos, j’en serai fort aise !)

Comment fait-on ?

Ami lecteur, tu vas certainement être très déçu, mais le mieux à faire c’est d’être patient.

Le temps vient à bout de toutes les peines et lui seul pourra vraiment t’aider. Entendre ce genre de connerie te hérisse le poil et ne t’aide pas ? Tu as raison ! Mais il fallait bien que je sorte ce poncif, car ma foi, il est tellement vrai.

Paradoxalement, tu te rendras compte que j’avais raison lorsque tu n’auras plus besoin de mes conseils. Médite ce propos.

En attendant que tu passes le cap, il y tout de même certaines choses que tu peux faire.

Refroidir tes ardeurs

Je connais quelques personnes adeptes de cette méthode trash, un peu comme un sparadrap qu’on enlève d’un coup sec et qui fait bien mal sur le coup, mais dont la souffrance engendrée dure moins dans le temps. Il s’agit de prendre une grosse claque dans la face en affrontant une image/une idée pour laquelle tu n’es pas prêt. A toi de voir quoi. Mais il peut s’agir d’apprendre que l’Autre est en couple, de voir la tête de sa nouvelle conquête, là où il vit et comment … j’en sais rien.

Qu’importe mais il faut que la prise de conscience soit violente et douloureuse : ce phénomène enclenchera un mode survie qui aura pour effet bénéfique de te faire passer outre un certain nombre de choses et de doucement l’oublier.

Se centrer sur soi

Oui, tu es l’être le plus important du monde à tes yeux et tu as bien raison. Ton génie n’a d’égal que ta beauté et ton humour ; et tu as, parmi tes nombreuses qualités, la capacité de t’autosuffire. Use donc et abuse donc de toi-même, en t’enfermant dans un salutaire égoïsme. Recentre-toi sur ce qui compte vraiment : toi, ta vie, loin et sans l’Autre. Demande-toi quels sont tes buts, tes aspirations profondes, ce que tu veux être. Et applique-toi à faire ce qu’il faut pour y parvenir. Cet égocentrisme hygiéniste te sera profitable.

Occupe-toi

A attendre que le temps passe et fasse son œuvre en lavant tes frustrations, tes peines, ou d’autres tortures, il peut se faire long. Autant l’occuper sainement !

Tu peux choisir de faire des activités diverses et variées seul. Du sport, la cuisine, un art quelconque, enrichir ta culture par quelques visite d’expo, quelques lectures, un apprentissage x ou y, améliorer la vie des gens par la rédaction d’un article de blog portant sur un sujet obscure et grave que tu veux exorciser par le pouvoir de tes mots aiguisés, produire quelque chose, créer … je ne sais pas, à  toi de voir.

Mais l’occupation par excellence pour ce genre de cas sera une occupation collective ! Retrouve la saveur subtile de ton bouillon social en revoyant les amis que tu as lésé pendant que tu bavais de bonheur à fréquenter l’Autre. Vautre-toi dans ces instants uniques en présence de gens uniques que tu apprécies et qui sait, tu passeras peut-être au paragraphe suivant.

Rencontrer des autres

Pour oublier l’Autre, parfois, ça passe tout simplement par le fait d’en croiser d’autres. Te vautrer dans quelques perversions salutaires n’est certainement pas « La » solution mais elle aura le mérite de te faire relativiser bien des choses et de te détacher du souvenir souverain de l’Autre que tu as potentiellement pu idéaliser pour des raisons quelconques.

Puis un jour, quand tu ne t’y attendras plus, parmi tous ces autres il y aura un nouvel Autre qui te fera à nouveau te défaire de tes paradigmes abrutis de célibataire désabusé, accrochant ton cœur comme à une bouée flottant sur un océan de désillusion, juste avant un sauvetage en règle sur le bateau de l’Amour et ce sera beau (ma métaphore est tellement stupide que je ne peux m’empêcher d’aller jusqu’à mettre un « A » à amour).

Sur ces belles paroles et avant d’aller vomir toute la niaiserie qui tord mon estomac en cet instant précis, je te souhaite de l’oublier fissa, de passer à autre chose, de te délecter d’un weekend plein de vices et d’être heureux, malgré tout, car c’est de loin le plus important.

4 commentaires pour “L’oublier, ou comment se sortir quelqu’un de la tête

  1. Khaal

    Effectivement, c’est très bien écrit et le ton cynique et désinvolte est exactement ce qu’il faut pour aider à relativiser. Merci ;)

    6 avril 2014
  2. the scientist

    Tout le plaisir est pour moi, ami lecteur, d’autant plus si tu peux y trouver une forme d’apaisement et de réconfort.

    6 avril 2014
  3. Maaal

    Cet article est bien écrit :)
    Merci tu m’as fait sourire

    18 septembre 2013
  4. the scientist

    Merci ami Lecteur! Et si c’est applicable, je te souhaite de l’oublier!

    19 septembre 2013

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