J’ai peur de finir seul(e) !

seulVoilà un sujet qui me semble bien glauque délicat tant il touche une crainte viscérale aux facteurs multiples et complexes.

Si finir seul c’est une crainte qui t’habite, ami lecteur, nous allons voir ensemble quelques-unes de ses origines évidentes. Nous allons également voir comment rationaliser un peu tout ça, car, il faut bien le dire, à moins d’être à l’article de la mort, abandonné de tes amis d’apocalypse qui te laissent effectivement mourir seul dans une grotte perdue au fin fond du Languedoc-Roussillon, ta crainte est stupide et infondée.

Si ça n’est pas une crainte qui t’habite, je te laisse rire du malheur des autres avec un plaisir à peine dissimulé, vile créature que tu es (tu sais que c’est comme ça que je t’aime).

Voyons d’où viennent tes peurs …

La pression environnementale

De loin la source la plus probable de tes craintes. L’être humain est grégaire, il s’accomplit en société auprès d’individus familiers. C’est ainsi que tourne le monde, que les générations se succèdent …

Tu vois autour de toi des couples heureux, à la télé, dans la rue, partout, tous tes amis tombent amoureux, se marient et pondent une brochette de mioches en moins de temps qu’il le faut pour scroller les dernières nouvelles sur Facebook.

Toi, célibataire désabusé, incapable de garder une moitié plus de 3 mois, qui n’était passé sur le réseau social que pour voir les photos de ta dernière murge et lire les commentaires à propos du pénis que tu as dessiné sur le visage de ton coloc quand il a sombré dans un coma éthylique sain, te voilà pris aux tripes face à cet étalage de bonheur mielleux indigeste. « Et moi ? Que fais-je ma vie ? » te demandes-tu dans un soupir aux relents de vodka bon marché, tandis qu’un bulldozer dominical te démonte le crâne, et que ta conquête, dont tu ignores le nom, chopée la veille bave sur ton oreiller.

Console-toi en te disant que 2 de tes amis qui se sont mariés sur 3 finiront probablement par divorcer, que, s’ils en ont, leurs enfants les détestent sûrement par anticipation, bref, que leur vie est une misère. Hourra ! Maintenant change de référentiel je te prie.

Ne te compare jamais à d’autres, ne compare jamais ta vie à celle des autres. Il se trouve que chacun a des expériences et des histoires différentes. Occupe-toi des tiennes. Le bonheur se travaille et à regarder comment vivent tes semblables tu en oublies de vivre toi-même, tu en oublies, parfois, que tu as tout pour être heureux.

La pression sociale

« Alors et toi ? Toujours pas de copine ? » dixit l’oncle bourré aux fêtes de famille. Si c’est un « euuuh, ta GUEULE ! » qui te passe par l’esprit, ami lecteur, tu n’en es pas moins blessé. Quant à toi, amie lectrice, si ta mère te harcèle avec des allusions sur son désir d’avoir d’hypothétiques petits enfants, c’est parce qu’elle est, tout comme toi, bien au fait de la pression biologique.

La pression biologique

C’est une réalité indéniable, en particulier pour toi, amie lectrice souhaitant transmettre tes gènes parfaits de parisienne (pas besoin de vivre à Paris pour être parisienne) à une descendance éventuelle. Tu penses peut-être que tu seras bonne pour la décharge après 35 ans. Au-delà de 30 ans déjà, il faut dire, parait-il, que ta fraîcheur est discutable. Balivernes ! Tu as toujours le temps avant ta ménopause. Alors, ok, il est toujours possible de faire un enfant avec un chromosome en rab’ (ou d’autres soucis que je préfère ignorer, je n’ai aucune envie de faire larmoyer mes lecteurs) si tu prends de l’âge, du coup faut faire un peu gaffe et pas trop traîner tout de même (la date de péremption est à 37 ans). Et n’oublie pas que la médecine moderne fait des prouesses !

S’il est juste question de faire un enfant pour faire un enfant avant ta décrépitude, je ne doute pas qu’elle peut t’aider pour ça aussi, même pas besoin de te trouver un compagnon !

Plus généralement, ami lecteur, tu sais que tu ne rajeunis pas. Ça tombe, ça se fripe, ça pendouille, ça ne démarre plus au quart de tour, ça s’empâte, et c’est vrai pour tout et pour tout le monde. Tu penses peut-être qu’il est plus difficile de séduire passé un certain âge ? Que nenni ! Je viens de dire que c’était vrai pour tout le monde ! Sans même parler du champ des possibles qui s’offre à toi si tu es couguar ou vieux-beau (plus vieux, plus chaud !).

L’âge, justement, c’est un peu de tout ça

Dans la société dans laquelle on vit, tu dois avoir terminé tes études entre 18 et 24 ans, rencontrer ta moitié pour la vie entre 20 et 29 ans, te marier entre 20 et 35 ans, et pondre 2.01 beaux kévins dans la foulée.

Le monde est ainsi fait que ta vie est supposée obéir à un saint modèle social pour la réussir. Tout faux-pas, tout délai, tout manquement est un échec qui génèrera les railleries de tes congénères en leur donnant l’assurance qu’ils ont mieux réussi que toi.

C’est faux. La plupart des gens se fichent de ta vie, trop occupés qu’ils sont avec leurs problèmes (oui, ils ont des vies de merde eux aussi, même s’ils semblent accomplis). Et ceux que ça pourrait intéresser (tes parents, tes amis proches) sont là pour t’épauler et non pour te juger (ou alors, il faut revoir tes priorités et faire un peu le ménage).

Et toi, ami lecteur qui a peur de finir seul, quel âge as-tu ? 23 ? 27 ans ? Tu es ridicule. Même si tu as dépassé la vingtaine depuis longtemps, à moins que tu ne mettes un terme à ton existence pathétique dans l’instant, avec un brin d’optimisme et un peu de socialisation, tu as toutes les chances de ne pas finir ta vie seul. La vie a beau être courte, elle est assez longue pour qu’on prenne le temps de faire certaines choses si tant est qu’on soit prêt à bosser pour un minimum et à être patient.

Le risque

Il y a un risque inhérent dans le fait de penser que tu vas finir seul (ou d’avoir peur d’être seul en général), celui de se résoudre à prendre n’importe qui, préférer être mal accompagné. Autant que tu en aies conscience. Écoute ton « toi » profond et gaffe aux conneries ! C’est un coup à se retrouver pendu aux escarpins d’une chieuse, de se prendre la tête avec un(e) COB, de perdre foi en l’humanité avec un(e) con(ne), voire pire, de retourner avec son ex.

Alors s’il te plait, ne te presse pas pour rencontrer quelqu’un et choisis bien. Écoute tes amis (ceux qui sont supposés être bienveillants), quand ils te disent que ta moitié n’est pas bien pour toi. C’est important, car c’est probablement vrai.

Si tu penses que ton bonheur dépend d’une autre personne que toi, et que, par conséquent, son absence (donc ta solitude) t’empêche d’être heureux, tu te condamnes seul à une vie de merde. Sans parler du fait que tu es bien plus sexy quand tu n’es pas désespéré. Et c’est bien connu, personne n’est plus séduisant que quelqu’un qui n’a pas besoin d’un(e) autre pour exister et s’accomplir.

Parfois …

Parfois on est seul parce que l’on nie ce que l’on aime au fond de soi. On se convainc d’aimer autre chose pour se retrouver fatalement dans une situation qui ne marche pas. Une petite introspection s’impose, ami lecteur refoulé ! Si tu meurs d’amour en silence pour John de la compta, si tu rêves en secret d’explorer de ta langue le dentier de la mamie de ton meilleur pote, si le sexe opposé ne t’a finalement jamais excité, ne cherche plus l’origine de ta solitude.

Enfin, non, tu ne finiras pas ta vie seul. Et je ne parle ni de tes chats, amie lectrice, ni des escrocs brouteurs d’internet, ami lecteur.

Plutôt que de te morfondre dans des jérémiades pathétiques, profite du temps qui t’est donné pour savoir qui tu es, pour savoir ce que tu veux, pour savoir ce que tu peux faire pour améliorer les choses. Agis en conséquence. Enfin, médite cette dernière phrase qui figurera sur mon épitaphe quand ma dépouille sera sous un marbre blanc, couvert de fleurs et d’offrandes au Panthéon tant elle aidera des millions d’âmes solitaires : être seul n’est pas un état que l’on subit, mais une phase que l’on exploite.

7 commentaires pour “J’ai peur de finir seul(e) !

  1. Nancy

    Et pour ceux qui n’ont que leur conjoint ? Trop d’angoisses sociales m’ont tenues en marge de la société plus de la moitié de ma vie et maintenant à 43 ans j’ai peur de ne jamais réussir à me créer un réseau.

    10 juin 2017
  2. the scientist

    Amie lectrice, la peur de finir seul(e) fait ici référence à la peur de finir sans conjoint (e)

    11 juin 2017
  3. the scientist

    Si c’est un manque de contact social qui te déroute les solutions ne manquent pas ! Pourquoi ne pas t’inscrire à une activité ou un cour, quelque chose que tu as toujours voulu faire ou apprendre à faire ?

    11 juin 2017
  4. Ça m’a réconforté et redonné espoir. Merci

    15 février 2017
  5. the scientist

    :) Merci à toi pour ton commentaire, très cher(e) lecteur anonyme.

    15 février 2017
  6. Marie

    Chouette article tu m’as fait sourire

    8 septembre 2016
  7. the scientist

    J’en suis fort aise, amie lectrice ! :)

    23 octobre 2016

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