Dis merci à l’alcool

dis merci à l'alcoolIl y a très peu de temps et comme bien souvent, je passais une soirée en bonne compagnie autour de quelques pintes de boissons à base de houblon et d’orge, complétant ainsi le compte de mes 5 fruits et légumes quotidiens. J’entretenais ma marmite sociale et m’y plongeais joyeusement tout en appréciant la liqueur rafraîchissante et délicatement amère qui caressait mes papilles d’une douceur suave qui avait tant manqué à ma journée. Nous parlions de tout et de rien, à débattre de la projection d’un hypercube dans l’architecture moderne (ou de la façon dont on peut dresser un chien à faire du vélo, je ne sais plus). Je buvais goulument, mais non sans l’apprécier, ce liquide qui infiltrait mes veines et étanchait ma soif, tandis que la sympathique et brillante personne face à moi me contait sa vie et ses dernières aventures tout en devenant un peu plus sympathique, brillante et floue à chacune de mes gorgées. Je balayais rapidement, de ma langue, le reste de mousse qui s’imprimait à mes lèvres comme un ressac de plaisir ultime. Et tandis que je terminais mon second verre, et que ma diction était de plus en plus aléatoire, je me félicitais de ne pas avoir pris la voiture ce soir.

Ce scénario est toujours le même. Une soirée rapide, une soirée lambda, une soirée qui peut se suffire à elle-même ou qui peut n’être qu’un début. Il est vrai que bon nombre de mes articles commencent ainsi, en évoquant un épisode de ma vie où je me vautre allègrement dans la débauche de quelques échanges sociaux autour d’un verre (ou de la débauche de quelques verre en prétextant un échange social, mais qu’importe). C’est ce que tu fais probablement aussi, ami lecteur, c’est ce que nous faisons quasiment tous. Allier le plaisir de l’alcool à celui de l’échange social. Dans une certaine mesure c’est presque une convention. Dans une autre mesure c’est carrément une forme de préliminaire.

Ami lecteur, tu n’es pas sans ignorer que ton corps a des besoins et que si ces besoins peuvent être vaguement satisfaits par toi-même, ils peuvent également nécessiter le concours d’une personne extérieure pour être pleinement comblés. C’est ainsi que la nature nous a faits. Parmi les ressources naturelles remarquables auxquelles nous avons accès pour nous y aider, l’alcool tient le haut du panier. Cet article est donc une ode à ce produit remarquable, ce héros méconnu, ce wingman oublié. L’alcool.

L’alcool pour inviter à sortir

Quel meilleur prétexte pour aborder quelqu’un que la consommation d’alcool. « Hey Cindy, ça te dit qu’on aille prendre un verre ? » est LA phrase de drague de base par excellence. Bon, ça peut être purement amical, certes, mais pour cela, il faut croire en l’amitié homme-femme et ça, ami lecteur fidèle, tu me connais, tu sais que je n’y crois pas vraiment.

Inviter ta conquête en extérieur est toujours un peu délicat : une phrase d’approche du genre « hey Cindy, ça te dit d’aller voir l’expo Gotlib ? » demande de l’organisation, du temps et de connaitre un peu mieux les gouts de ta cible en matière de fluide glacial. Bref, le verre reste bien plus pratique et facile comme premier rendez-vous en terrain neutre. Remercie l’alcool.

L’alcool pour inviter chez soi

Après une soirée sympathique, comme un rendez-vous, un ciné, ou un sacrifice animal avec orgie dans le sang, il est temps que vos chemins se séparent avant la prochaine rencontre. Et s’il y avait un moyen de prolonger le plaisir ? « Hey John, tu viens prendre un dernier verre ? » est de loin le meilleur prétexte du monde pour amener une cible dans ton antre ! Remercie l’alcool.

L’alcool qui rend les gens plus beaux

Imagine une soirée moyenne où tout le monde est physiquement et intellectuellement moyen. Tu remarqueras très rapidement qu’au fur et à mesure que les verres s’enchaineront pour titiller ta glotte, les gens te paraitront de plus en plus désirables et de plus en plus intéressants. Ton sens critique mis de côté, il te sera plus facile de choisir une proie consentante parmi un choix bien plus vaste que si tu avais été sobre ! Remercie donc l’alcool qui te permet alors de voir le monde plus beau qu’il ne l’est (laid) et grâce à qui tu peux passer la nuit en bonne compagnie sans avoir à être trop regardant sur la marchandise. Point d’ASI pour toi ce soir, l’alcool dans son œuvre bienfaisante lisse tes perceptions pour servir les intérêts et les besoins de ton corps. Remercie l’alcool.

L’alcool qui te rend plus beau

Combien d’unions nocturnes n’auraient pu avoir lieu sans l’alcool ? Ami lecteur moche, tu seras le premier à admettre que sans l’alcool tu serais probablement toujours vierge. Alors remercie l’alcool.

L’alcool comme excuse

En te réveillant ce matin-là, tu n’aurais jamais cru pouvoir ouvrir les yeux sur une vision d’horreur aussi terrible. Ta conquête de la veille est un laideron hors compétition. Tes ami(e)s vont bien se foutre de toi en évoquant le veau ficelé que tu as emballé la veille et avec qui tu viens de passer la nuit. L’alcool est de loin la meilleure excuse. Tu sauras bien certainement te pardonner ce manquement à tes goûts et à tes exigences. Le but, maintenant, est de retrouver tes vêtements et de t’enfuir discrètement sans réveiller la bête qui ronfle encore. Par chance, son sommeil, à l’instar de son cul, est lourd. Remercie l’alcool.

Et remarque aussi que l’alcool comme excuse marche également très bien si tu trompes ta moitié et qu’elle l’apprend, ou pour tout autre détail embarrassant de ta vie, ami lecteur. Donc remercie l’alcool !

Alors oui, certes, sous l’emprise de l’alcool, les pénis ne sont pas toujours des plus vigoureux. L’état de ta boite crânienne le lendemain n’est pas toujours très glorieux. Et tu te serais peut-être volontiers passé de la plaque de vomi au pied du lit délicatement placée là par ta conquête. Mais pour tout le reste (mis à part ta cirrhose), tu peux remercier l’alcool.

A chacune de mes sorties, je remercie l’alcool. Pour tout ce que j’ai évoqué ci-dessus, bien entendu, mais aussi parce que c’est également mon fonds de commerce.

L’alcool désinhibe

Tu n’es pas sans ignorer que l’alcool fait parler. Il délie les langues (oui dans tous les sens du terme), il désinhibe, il pousse à la confession, au partage, à l’intimité. C’est bien souvent au cours d’une de ces soirées (comme celle que je te décrivais en guise d’introduction) que me viennent tout un tas d’idées pour ce blog, ou que l’on m’invite à écrire sur tout un tas de sujets. Ça arrive d’ailleurs tellement souvent que je prévois maintenant de distribuer à mes interlocuteurs légèrement saouls le document suivant afin de faire gagner du temps à tout le monde.

suggestion d'article

Parce que oui, soit j’ai des amis obsédés, soit c’est l’alcool, mais dans ce genre de soirée, le sexe arrive toujours sur la table (au sens figuré … parfois au sens propre aussi, mais là n’est pas le sujet). Quand ça n’est pas le sexe, c’est les relations, l’amour, les sentiments, mais quoi qu’il en soit, il n’est pas rare que le sujet abordé donne lieu à un article génial quelques temps après. Je reconnaitrai volontiers pousser parfois la conversation en ce sens, poser des questions qui me permettront d’étoffer mon article en devenir, et même harceler mes amis les jours suivants pour qu’ils reviennent sur certains détails de leurs propos afin d’affiner mon écrit. Mais, en toute bonne foi, généralement, je n’y suis pour rien, je me tais, et je prends discrètement en note les détails les plus croustillants. Le reste c’est ce que tu lis en ce moment : un produit fini lissé, où personne ne peut s’y reconnaitre mais où tout le monde se reconnait.

Ami lecteur, remercie donc l’alcool car c’est aussi bien souvent grâce à lui que tu lis mes écrits que tu aimes tant.

4 commentaires pour “Dis merci à l’alcool

  1. Pastiche

    Fichtre. Il faut plus de regrets que de remords cela dit. Et comme disait Michel : « Vaut mieux être bourré que con, ça dure moins longtemps ! »

    28 avril 2014
  2. the scientist

    Que tu es philosophe, ami lecteur ! Bien dit ! Santé !

    28 avril 2014
  3. Rêveuz

    Elle avait l’air chouette l’expo Gotlib pourtant… et si l’autre zouave n’avait pas été un boulet, j’aurais pu en profiter un peu plus d’un quart d’heure !!

    16 avril 2014
  4. the scientist

    Ok, donc le fluide glacial était un peu précoce et tu n’as pas eu le temps d’en profiter vraiment, dommage. Mais ça n’est que partie remise !

    16 avril 2014