Comment profiter de l’apocalypse pour coucher ?

apocalypseAmi lecteur, on te saoule jusqu’à plus soif depuis des semaines sur ce thème hautement angoissant, je sais. Mais pour tous les martyres sociaux, pour tous les handicapés de l’instinct grégaire et les paralysés du choppe, … bref, pour tous les hystériques pro-apocalypse qu’une fin du monde brutale soulagerait fort heureusement de leur existence pathétique, enfin, ALLELUIA ! On va tous mourir !
Dans cet article tu pourras également voir un autre effet bénéfique de ces temps de crise : tu vas enfin savoir comment on peut profiter de l’apocalypse pour coucher !

Pourquoi écrire un énième un sujet sur la fin du monde ?

Ami lecteur, je ne te balancerai pas ma réplique classique se rapportant au fait que je fais ce que je veux sur mon blog, y compris traiter les sujets les plus stupides. Cependant, bien qu’elle soit très vraie, j’ai également dû constater une évidence cruelle : la fin du monde exacerbe pas mal du pire, du meilleur, mais avant tout, du plus risible de l’Homme. Ainsi, je te devais un sujet qui allait soulager cinq minutes de ta pénible existence avant la fin inéluctable. Un peu de rire et de gaité avant ta mort douloureuse causée par un calendrier qui doit forcément avoir une fin en ce jour ingrat. Ajoutons à cela que si les Mayas étaient si doués pour prédire un avenir quelconque ils seraient probablement encore là pour s’en vanter, mais bref, admettons donc que d’ici ce soir, en ce 21 décembre 2012 (ils se sont bien gardés de nous donner une heure ces petits filous), on soit tous morts.

Le 20 décembre 2012, 20h12 chez des amis.

Petit repas de fin du monde ! John a mis les petits plats dans les grands avec son risotto aux morilles et Cindy a sorti ses meilleures bouteilles tandis que Coltrane s’invite en fond. Vous êtes aussi bien des couples que des célibataires ayant répondu à l’invitation. Intellectuels, érudits, vous n’avez que faire de cette soi-disant apocalypse et prenez cela de haut. Ce repas est ironique et vous riez de ces imbéciles crédules qui alimentent ce non-évènement dans les médias et les blogs douteux. Ainsi se passe la soirée. Un repas délicieux, et les verres qui s’enchainent. La conversation devient plus intime et Cindy évoque son regret de ne jamais l’avoir fait avec une femme si le monde s’arrête demain. John est ravi et lui dit que c’est maintenant ou jamais. Tout le monde y va de son commentaire et la soirée se termine en club échangiste sur fond de fin du monde orgasmique où chacun peut enfin s’essayer à tout ce qu’il souhaite dans un plaisir harmonieux.

Le 20 décembre 2012, 23h30 dans un bar festif et populaire.

Ami lecteur, tu es en bonne compagnie, une pinte fraiche devant toi, des amis qui rient et une cible en vue. Toi qui es en mal de sensations horizontales, en cette veille d’apocalypse, te voilà à l’aube de ton avènement. L’Opportunité (avec un grand O !) que tu as toujours secrètement espérée est enfin là. Quelle meilleure occasion de copuler que de dire à ta cible qui hésite quelque peu à rentrer avec toi (ton haleine de poissonnerie désaffectée ou ton regard puant de sexe peut-être ?) que dans 30 minutes vous serez peut-être morts et qu’il n’y a pas de temps à perdre. Ne perdez pas trop de temps effectivement car les toilettes du bar seront sûrement pleins de petits malins ayant eu la même idée que vous. Dans ce cas, une voiture, un parking ou parterre derrière le bar seront des lieux d’usage tout à fait acceptables.

Le 21 décembre 2012, 15h57, n’importe où au monde tant que c’est avec toi.

Ami lecteur, tu es avec ta moitié. Vous vous êtes dit, timidement, que si la Terre devait s’arrêter aujourd’hui, vous passeriez vos derniers instants ensemble, à défaut du reste de vos vies. Si vos cœurs ne devaient plus jamais battre l’un pour l’autre, ils s’arrêteraient en même temps. Que la dernière chose que vous vouliez voir de ce monde, ce sont les yeux de l’autre. Que vous vous tiendriez la main jusqu’au dernier instant. Que vous resteriez ensemble jusqu’à la fin de vos jours et vous aimerez jusqu’à la fin de temps … vous n’auriez pu prévoir que ça arriverait simultanément. Ainsi, vous vous êtes déclaré votre amour éternel, et vous avez copulé comme des bonobos et c’était beau.

Le 22 décembre 2012, midi, dans une grotte perdue du Languedoc-Roussillon.

Vous êtes une petite dizaine de survivants présumés (ou de naïfs bio-sans-déo) parvenus à contourner les dispositifs de gendarmerie anti-pro-apocalypse autour de cette foutu montagne le 20 décembre au soir. En sécurité dans votre grotte vous sentez poindre l’ennui cloitrés dans cet espace humide, confiné et glauque depuis plus de 40 heures. Ami lecteur, tu as eu l’occasion de papoter avec tes compagnons de grotte et sais déjà où Myrtille, une inconnue déplorant la mort de Ravi Shankar et portant un sarouel de chanvre, est allée en stage d’été zen ces 4 dernières années. Et tu n’es pas sans ignorer tous les détails de la recette du tofu aux algues bio de Rodrigo. Pourquoi ne pas tuer l’ennui cruel et sournois par une bonne grosse partouze comme au stage d’été ?

Le 5 mai 2013, 14h15, devant une grotte perdue du Languedoc-Roussillon.

Après avoir copulé et vous être entre-tués et avoir copulé encore, toi et tes amis survivants sortez enfin de votre tanière salvatrice. Evidemment, la fin du monde n’a pas eu lieu, mais arpentant les routes avoisinantes et les villages fantômes, vous vous persuadez les uns les autres d’être les seuls survivants (vous avez simplement oublié que vous étiez en Languedoc-Roussillon et que pour croiser une forme de vie intelligente il fallait se lever de bonne heure, l’exode rural ayant accompli son œuvre à la perfection). Ni une ni deux, il vous faut repeupler la Terre comme il se doit !

Ami lecteur, sens-toi libre de nous raconter ta vision de la fin du monde, tes angoisses et tes peurs, tes baises pré/post-apocalyptiques, le contenu de ton kit de survie. Pour ma part, je ne doute pas de te retrouver d’ici peu (peut-être même avant Noël si je termine vite mon prochain billet à temps). Enfin, ami lecteur, n’oublie pas : il n’y aura pas d’apocalypse le 21 décembre, certes, en revanche, la fin du monde viendra peut-être d’ici neuf mois, quand tous les idiots crédules et simples benêts auront copulé en ce 21 décembre pour engendrer une descendance de crétins congénitaux.

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